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Au Pays de Galles           En Bretagne

 

*        Au Pays de Galles, ...

Au début du 20ème siècle, Ambrose Jones contribue fortement au renouveau de la littérature galloise en mettant en évidence l’existence de prose galloise de qualité. Il est un des fondateurs du nationalisme gallois et reconnaît la langue est un aspect essentiel dans la mentalité des gens.

Après la première guerre mondiale, on remarque cependant une tendance à l’abandon du gallois dans le cercle familiale, et des enfants, dont les parents parlent gallois, sont éduqués en anglais. Cela s’explique par l’assimilation du gallois à une classe inférieure. Afin d’éviter cette étiquette, certaines personnes décident de « devenir Anglais ».

C’est en 1925 que le parti nationaliste gallois, Plaid Cymru, est fondé par John Saunders Lewis. Le parti se bat pour faire reconnaître aux partis anglais que le Pays de Galles a ses problèmes spécifiques et des besoins qui ne sont pas toujours ceux de l’Angleterre. Il travaille aussi à l’amélioration de la condition de la langue galloise dans le pays.

En 1942, l’acte du tribunal gallois (Welsh Court Act) permet l’utilisation du gallois dans les tribunaux. Jusque là, seul l’anglais pouvait être utilisé. Mais le gallois s’est tout de même dégradé et le nombre de personnes capable de le parler a diminué, surtout dans les zones industrielles et proche de la frontière anglaise. Il est donc nécessaire d’agir pour réintroduire le gallois dans les écoles. Deux ans plus tard, la loi sur l’éducation permet aux autorités locales de prendre en considération l’ouverture d’écoles en langues galloises.

En 1947, sous la pression des parents, la première école primaire en langue galloise est ouverte à Llanelli et en 1957, un premier collège bilingue est ouvert à Rhyl. En 1988, l’enseignement du gallois est rendu obligatoire dans toutes les écoles du Pays de Galles.

En 1962, l’Association de la langue galloise, «Cymdeithas Yr laith Gymraeg»,  est fondée. C’est un des mouvements forts agissant pour les droits de la langue galloise. Ses actions aboutiront notamment à la Loi sur la Langue Galloise en 1967, modifié en 1993. Cette loi déclare que les services publics doivent traiter à égal le gallois et l’anglais, quand il s’agit de pourvoir aux besoins du public. Elle donne le droit aux locuteurs gallois d’utiliser le gallois au tribunal. Et enfin, elle établit un Comité de la Langue Galloise ayant pour rôle de vérifier que les services publics applique cette loi et de promouvoir et faciliter l’utilisation du gallois.

En 1975, la chaîne de télévision « S4C » (Sianel 4 Cymry) est créée. Elle propose des programmes en gallois, pour adultes, enfants et adolescents.

En 1999, c’est un autre grand pas qui est effectué pour le Pays de Galles avec l’élection d’une Assemblée Nationale de 60 membres.

Qui parle gallois ?

En 1891, 54% de la population parle gallois. En 1911, près d’un million de personnes déclarent parler gallois. Mais depuis ce recensement, le nombre de locuteurs gallois a progressivement diminué jusqu’en 2001 pour différentes raisons : migrations de population rurale vers les zones industrielles, utilisation de l’anglais à travers les médias et les loisirs, baisse de la fréquentation des chapelles, qui étaient le centre de nombreuses activités traditionnelles en langue galloise…

En 1991 cependant, plus de 500 000 personnes (18,7% de la population) peuvent toujours parler gallois et on note une augmentation du nombre et du pourcentage de jeunes galloisants. Par exemple, 17,8% d’enfants de 5 à 9 ans parlent gallois ; ce chiffre passe à 24,7% en 1991. La même évolution se note pour les adolescents. (sources : http://www.bwrdd-yr-iaith.org.uk )

Cette évolution s’explique par le choix de nombreux parents (parlant gallois ou non) à envoyer leurs enfants dans une école d’immersion en gallois, ce qui leur permet de devenir totalement bilingue.

Durant l’année scolaire 2000-2001, plus de 25% des écoliers gallois sont allés dans une des 440 écoles en langue galloise, la majorité d’entre eux venant de familles non-galloisantes. Sur les 229 écoles secondaires du Pays de Galles, 72 enseignent le gallois comme première et seconde langue, alors que les 157 autres le font uniquement comme seconde langue.

Au niveau de l’économie, de nombreuses entreprises ont pris conscience de l’importance du bilinguisme et l’utilisent pour améliorer la qualité du service à la clientèle, attirer de nouveau clients et prendre l’avantage sur certains marchés face à leurs concurrents non bilingues. Certaines entreprises, comme Cwmni Iaith Cyf, peuvent les conseiller sur la manière d’utiliser le gallois dans les affaires et offrent aussi des services de traduction.

*      En Bretagne...

Au début du 20ème siècle le breton revient au niveau culturel, politique et philosophique avec une tendance à se détacher de l’église. Mais la francisation est renforcée par l’école, le service militaire et l’émigration vers les zones industrielles. En 1923, toute langue autre que le français est interdite sur les ondes radio. En 1925, Anatole de Monzic, ministre de l’instruction publique, annonce que « pour l’unité de la France, la langue bretonne doit disparaître » et signe des arrêtés dans ce sens.   

Certains partis politiques bretons se radicalisent et utilisent la violence pour faire entendre leurs revendications. La collaboration d’une petite partie du mouvement breton avec l’occupant nazi durant la seconde guerre mondiale sera utilisée pour jeter le discrédit sur la totalité du mouvement, politique et culturel, jusqu’aux années 60.

Quelques intellectuels bretons, comme Roparz Hémon (1900-1978) publient des revues littéraires d’une haute tenue. Malheureusement, le peuple est de plus en plus analphabète dans sa langue et le breton littéraire décourage les autres. Dans la vie de tous les jours, ne pas connaître le français devient un handicap. Un sentiment de honte et d’infériorité se développe. Certains parents décident donc d’éduquer leurs enfants en français (tendance qui s’étendra plus fortement après la seconde guerre mondiale) et le breton se perd encore un peu plus.

En 1941, le gouvernement de Vichy détache la Loire-Atlantique de la Bretagne (rattaché à la région Pays de la Loire en 1951). Parallèlement, il favorise la promotion culturelle bretonne en encourageant le régionalisme, mais sans en donner les moyens. Cette même année, une orthographe commune, « unifiée »,  est mise au point. Elle est utilisable dans les quatre dialectes de la langue bretonne (Cornouaille, Tregor, Leon et Vannetais) car elle prend en compte les principales caractéristiques spécifiques à chacun d’eux.

En 1951, la loi Dexionne autorise l’enseignement du breton dans les écoles, sur la base du volontariat. Mais, n’ayant pas été enseigné pendant de nombreuses années, le breton s’est dégradé  et il est  nécessaire d’enrichir la langue afin d’éviter l’utilisation de mots français. Il faut à nouveau recourir aux autres langues celtiques, rechercher des mots anciens et ou créer des néologismes.

En 1977, s’ouvre la première école maternelle bretonnante, Diwan (le germe), à Plourin-Ploudalmezeau. Trois ans plus tard, il en existe treize. En 1981, le président de la République Française, François Mitterrand, accorde aux universités de Rennes et Brest la création d’une licence de breton. Il faut attendre 1985, pour la création du CAPES de breton. En 1983, des écoles bilingues sont également créées. La scolarisation en breton entraîne la création et la publication d’ouvrages de vulgarisation. On voit aussi apparaître le breton sur les panneaux de signalisation.

En 1992, le conseil de l’Europe adopte la Charte européenne des langues moins répandues. Cette même année, un nouvel article 2 est ajouté à la Constitution française : « la langue de la République est le français ». Le 24 septembre 1996, le conseil d’Etat considère la reconnaissance officielle des langues régionales comme inconstitutionnelle.

C’est aussi en 1999 que l’Office de la langue bretonne (Ofis Ar Brezhoneg) est créé. Il permet notamment d’adapter la langue au monde actuel, d’étudier son évolution, de l’unifier.

Qui parle breton ?

La Basse-Bretagne est la partie ouest de la Bretagne, où la langue bretonne était originellement parlée.  Il y a environ 1,5 millions d’habitants. A la fin du 20ème siècle en Basse-Bretagne, on estime que:

   Il y a 240 000 locuteurs bretons de plus de 15 ans (soit 16% de la population).

   Moins de 120 000 personnes l’utilisent régulièrement

   Moins de 70 000 personnes l’utilisent tous les jours

   20 000 personnes déclarent pouvoir lire et écrire le breton aisément

   Le nombre de locuteurs de moins de 20 ans reste insignifiant

   2/3 des locuteurs ont plus de 60 ans.

(Source : sondage de l’institut TMO-Régions en 1997)

En 1863, 86% de la population de Basse-Bretagne ne parlent que breton. Ce chiffre passe à 60% en 1902. En 1952, 67% sont bilingues alors qu’en 1997, 84% ne parlent que français. (Source : exposition « Parlons du Breton »)

Alors que la majorité de la population ne comprenait que le breton au milieu du 19ème siècle, elle ne le comprend plus à la fin du 20ème. En moins de 150 ans, la tendance s’est totalement inversée.

Aujourd’hui on ne naît plus bretonnant, on le devient. Le manque de structure d’appui a favorisé l’abandon du breton dans la structure familiale au cours du siècle dernier. Les grands-parents parlaient breton, les petits-enfants parlent français. Cependant, la culture bretonne est toujours en eux et de plus en plus ils veulent retrouver les racines qu’on leur a enlevées, retrouver le droit à leur culture, celle de leurs ancêtres. On ne retrouve pas le même engouement pour le gallo qui a été le parler de Haute-Bretagne depuis des siècles.

Lors de l’année scolaire 1999-2000, au total 20245 enfants ont étudié le breton dans l’académie de Rennes, certains en initiation (une heure par semaine) d’autre par immersion. Les écoles Diwan utilisent le système d’immersion à 100% en breton. Les classes bilingues publiques (association de parents d'élèves: Div Yezh) et privées (association de parents d'élèves: Dihun) utilisent la parité horaire des deux langues (français et breton). 

Si les effectifs des classes bilingues et écoles Diwan semblent en progression, le nombre global d’élèves étudiant le breton est en recul, notamment à cause d’une démobilisation au niveau de l’initiation. Certains établissements ferment même cette option.

Les écoles enseignant le breton (tout comme celles enseignant d’autres langes régionales) sont confrontées au manque d’enseignants bilingues et doivent trop souvent avoir recours à des suppléants. Il est donc essentiel de proposer plus de postes au Capes et aux concours de recrutement des professeurs pour les enseignements privés.

L’ouverture de certaines classes ne se fait pas toujours sans difficultés pour diverses raisons comme le manque d’élèves, le manque de professeurs, des refus de dossiers, et l’Education Nationale participe très faiblement à l’information sur le bilinguisme. Cette tâche est donc principalement laissée à la charge des associations, qui n’ont pas les moyens de l’Education Nationale. Or un soutien positif et une bonne information sur ses bienfaits sensibiliserait de nouveaux parents sur l’importance des langues régionales.

Il est également vital de revaloriser le breton dans la vie de tous les jours et de permettre à ceux qui le parlent et l’apprennent de le pratiquer et l’écouter. La signalisation routière bilingue se généralise, certaines banques proposent des chéquiers en breton, la radio et la télévision offrent déjà quelques programmes en breton, malheureusement peu nombreux par rapport aux nombre de programmes en français. Mais les associations pourtant bien actives ne peuvent couvrir l’ensemble des domaines et l’Etat a donc aussi un rôle à jouer, en commençant par exemple par reconnaître les langues régionales et ratifier la charte européennes des langues régionales et minoritaires.

 

 

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