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Vieux-breton et vieux-gallois : à partir du 5ème siècle.

Moyen-breton et moyen-gallois : à partir du 11ème siècle.

Breton moderne et gallois moderne : à partir de la fin du 16ème siècle.

 

Vieux-gallois et vieux-breton : à partir du 5ème siècle

Nous possédons peu d’écrits en vieux-gallois ou vieux-breton. Ces langues sont attestées par des inscriptions et annotations ou commentaires apposés sur des textes latins ou encore  par des noms de lieux et de personnes.

On trouve quelques extraits de vieux-gallois dans certains ouvrages comme par exemple l’Historia Brittonum écrit par Nennius au 8ème siècle.

Le plus vieux manuscrit aujourd’hui connu en vieux-breton est un traité de médecine de deux pages datant de la fin du 7ème siècle, conservé au Pays-Bas.

En Bretagne armoricaine comme en Bretagne insulaire, les moines traduisaient et recopiaient des textes. Avec les bardes et le soutien des seigneurs, ils ont joué un rôle important dans la conservation de la culture.

Du côté historique…

 *        En Bretagne insulaire, l’indépendance du Pays de Galles est maintenue malgré les poussées des Anglo-saxons. Entre 757 et 796 après Jésus-Christ, le roi de Mercie, Offa, fait établir un mur et un fossé pour séparer les Celtes et les Saxons.

Au 9ème siècle, le Pays de Galles, la Cornouaille et une partie de l’Ecosse gardent leur indépendance. Au Pays de Galles, Gwynedd, au nord, est le territoire le plus fort à ce moment, dirigé par le roi Rhodri Mawr (Rhodri Le Grand). Il impose une unité politique au Pays de Galles. Mais à sa mort (en 877) ses deux fils se partagent le royaume.

Entre le 10ème et le 11ème siècle, le Pays de Galles est  plusieurs fois partiellement uni, mais seul Gruffydd ap Llywelyn réussit à unifier tout le Pays de Galles. Mais l’unité est incertaine car ses vassaux sont prêts à se révolter à tout moment. Durant cette même période, le Pays de Galles a parfois payé tribut à l’Angleterre.

A la fin du 11ème siècle, les Normands qui ont envahi l’Angleterre, convoite le Pays de Galles, mais malgré quelques victoires dans le nord et l’ouest, ils sont incapables de conquérir le pays tout entier.

*        En Bretagne Armoricaine, guerres et paix vont se succéder entre les Bretons et les Francs, durant cette période. Waroc devient en 578 le héros de la lutte pour l’indépendance en résistant aux Francs et défendant les bords de la Vilaine, frontière entre les royaumes breton et franc.

En 635, le roi franc Dagobert invite Judicaël, duc de Domnonée (nord de la Bretagne), à sa cour. Après avoir consulté les représentants de la Cornouaille (sud-ouest de la Bretagne) et du Bro Waroc (pays de Vannes, qui était la base de Waroc) il rencontre Dagobert et reconnaît au nom de tous les Bretons l’autorité de roi franc. Cela permet d’établir une paix durable entre les deux royaumes.

Au 9ème siècle, Nominoé lutte pour faire de la Bretagne un duché indépendant et bat les troupes de Charles le Chauve lors de la bataille de Ballon (près de Redon) en 845. A sa mort, son fils Erispoé continue la lutte pour l’indépendance ; il agrandit le territoire et fait de la Bretagne un véritable royaume.

Mais des heures plus sombres s’annoncent pour la Bretagne avec l’arrivée des Normands.        

Moyen-gallois et moyen-breton: à partir du 11ème siècle

Contrairement à la période du vieux-gallois, on a beaucoup de traces écrites datant de celle du moyen-gallois. La poésie prend une grande importance et relate souvent les prouesses militaires des seigneurs, qui étaient les protecteurs des bardes. La noblesse organise des Eisteddfodau (compétitions concernant tous les arts, particulièrement la poésie ; rencontres où les règles d’écriture de la poésie sont codifiées). Le poète le plus connu de l’époque est Dafydd ap. Gwilym (1320-1380). Ses écrits, le plus souvent sur le thème de l’amour et de la nature, sont célèbres aujourd’hui encore.

Les dialectes entre le nord et le sud se différencient. Le vocabulaire évolue également et l’orthographe se modifie à partir du 15ème siècle. Le gallois reste la langue majoritairement parlée dans tout le Pays de Galles, malgré l’arrivée de certains Français et Anglais et beaucoup de gens ne comprennent que cette langue.

Si le gallois est soutenu par les élites du Pays de Galles à cette époque, c’est une autre histoire pour le moyen-breton. Cette période est marquée par l’abandon de la langue par les élites du pays. Après avoir fui les invasions normandes du 10ème siècle pour se réfugier dans les pays voisins, ils ont adopté les coutumes et langues de leur terre d’accueil. De retour au pays, leur descendance est nettement francisée.  

De plus, Nantes, capitale du pays depuis 937, est une ville de langue romane. La cour se romanise de plus en plus et la langue bretonne entreprend son lent recul vers l’ouest. La frontière linguistique va se stabiliser entre le 12ème et le 14ème siècle sur une ligne allant de Dinan à la Brière.

La langue bretonne se transforme sous l’influence de la langue romane. On peut remarquer l’emprunt de vocabulaire, des lettres se perdent à l’intérieur de certains mots, l’accent se déplace … Vers la fin du 16ème siècle vont apparaître les dialectes de Cornouaille (Kerne), du Léon, et du Trégor. (K ,L ,T).  

Du côté historique…  

*        Au Pays de Galles, Llywelyn ab Iorwerth, souverain de Gwynedd (1195-1240) profite d’une guerre civile en Angleterre pour unifier tous les royaumes indépendants. Pour éviter la fin de l’unité après sa mort, il fait de son fils Dafydd son unique héritier. Mais le royaume s’effondre sous les invasions anglaises.

Llywelyn ap Gruffydd rétablit l’unité et prend le titre de Prince de Galles en 1258. Il reconquiert les parties du Pays de Galles aux mains de Anglais et, en 1267, force le roi d’Angleterre Henry III à reconnaître son titre et son royaume lors du traité de Montgomery.

En 1272, Edward I succède à Henry III et se lance dans une campagne d’invasion du Pays de Galles. Cinq ans plus tard, ses armées ont atteints le sud-ouest  et le centre. Llywelyn est destitué et les anciens souverains sont remis à la tête des territoires indépendants. Son frère, Dafydd, se révolte en mars 1282. Llywelyn le soutient mais meurt à la bataille de Cilmeri, dans de mystérieuses circonstances. Dafydd est battu par les Anglais en juin 1283 et exécuté. Le statut de Rhuddlan en 1284 impose les lois anglaises au Pays de Galles. C’est le premier pas vers l’occupation. Au Pays de Galles des villes sont établies par les Anglais, autour de châteaux fortifiés. Les Gallois y sont interdits, sauf pour le commerce.

De nombreuses rébellions vont avoir lieu pour tenter de reprendre l’indépendance. La plus connue est la révolte d’Owain Glyndwr, de 1400 à 1410. Seigneur de Glyndyfrdwy, au nord-est du Pays de Galles, il redonne son indépendance au Pays de Galles. En 1408 cependant, les Anglais reprennent le contrôle de la plupart du sud et du centre du Pays de Galles. La résistance continue dans les montagnes du nord avec Glyndwr, jusqu’en 1410.

Avec la fin de la révolte, commence une répression anti-galloise et le traité d’union de 1536, rattache le Pays de Galles à l’Angleterre. L’anglais est la seule langue officielle. Le but de l’état anglais est de faire disparaître la langue et la culture galloise.


*      En Bretagne, en 1156, en aidant Conan à prendre le pouvoir, Henri II de Plantagenêt se voit octroyer le comté de Nantes. Première mainmise en Bretagne, il réussit ensuite à introniser son fils Geoffroy Plantagenêt duc de Bretagne.  

En 1341, la mort de Jean III plonge la Bretagne dans une guerre de succession de près de 25 ans. Elle est également un enjeu stratégique pour les rois de France et d’Angleterre qui sont en  guerre depuis 1337 (guerre de Cent Ans).

En 1491, Anne,  duchesse de Bretagne doit épouser Charles VIII, roi de France, puis son successeur, Louis XII en 1499. Ce dernier mariage garantit cependant la sauvegarde des institutions, droits et privilèges et nomme comme successeur du duché le cadet de leurs enfants (l’aîné étant le successeur de la couronne de France).

En 1532,  la Bretagne est définitivement liée à la France lors de l’édit d’Union. Cet édit assure le maintien des droits et privilèges fiscaux, judiciaires et religieux. Ainsi, aucun impôt ne peut être levé en Bretagne sans l‘accord des Etats de Bretagne et aucun Breton ne peut être jugé en dehors de Bretagne.

En 1539, dans le but de protéger le français face au latin, François 1er signe l’ordonnance de Villers-Cotterêts qui impose la rédaction de tous les actes officiels en français, pour protéger le français face au latin. Le bas-clergé breton continuera cependant à les rédiger en Latin.      

 

Gallois moderne et breton moderne : à partir de la fin du 16ème siècle

C’est une époque de déclin pour le gallois et le breton. La fin de l’indépendance et la signature des traités d’Union (1532 pour la Bretagne, 1536 pour le Pays de Galles) en sont en partie responsables car les élites se détachent petit à petit de leurs culture et langue d’origine.

Mais il y a bien d’autres raisons à ce déclin qui sont similaires au Pays de Galles et en Bretagne car l’Angleterre, comme la France, veut détruire la culture celtique qu’elle considère comme arriérée et sans intérêt.

Les deux langues ne sont plus enseignées et l’école se fait en anglais ou en français, le gallois ou le breton y étant interdit. Le « symbole » est utilisé contre les écoliers qui ne respectent pas cela à partir du milieu du 19ème siècle. L’instituteur donne le « symbole » (caillou, petit sabot, morceau de bois…) au premier enfant qu’il entend parler la langue interdite. Celui-ci ne peut s’en débarrasser qu’en le donnant à un autre écolier ayant commis le même « méfait ». Celui qui possède le « symbole »  à la fin de la journée est puni. Au Pays de Galles, le « symbole » est un morceaux de bois sur lequel on a grave les lettres WN pour « Welsh Not » (pas de gallois) et que l’enfant porte autour du cou.

 Du côté historique…  

*      Au Pays de Galles...

Au 16ème siècle, lorsque Henry VIII se détache de l’Eglise de Rome, il décide, par peur de représailles, de rattacher politiquement le Pays de Galles à l’Angleterre, c’est-à-dire qu’il donne les mêmes droits aux Gallois et aux Anglais. Le renforcement des frontières maritimes est ainsi facilité. Certains seigneurs gallois abandonnent donc la langue et la culture galloise afin de pouvoir bénéficier de ces droits et accéder à  des postes plus importants et deviennent Anglais. Les seigneurs étaient les porteurs de la culture galloise qui devient alors la propriété des gens ordinaires et leur donne une identité.

Avec la révolution industrielle du 19ème siècle, de nombreuses personnes vont migrer des campagnes vers les villes. Le gallois, majoritairement parlé dans les campagnes, va se développer dans les villes. Commence alors une série de révoltes contre le gouvernement anglais. Deux causes principales à cela : la langue galloise et la non-conformité religieuse avec le  rejet des établissements anglicans.

En 1868, la loi impose le vote à bulletin secret. Cela permet l’élection de gens actifs pour le Pays de Galles, il n’y a plus de peur des représailles.

*      En Bretagne...

Après le traité d’Union, le breton se dégrade car il n’est pas enseigné et devient essentiellement une langue orale. Il survit dans les classes populaires grâce au bas clergé qui l’utilise malgré tout pour la messe et le catéchisme.

Après la Révolution française, le français devient la seule langue officielle du pays. Mais afin que la Constitution, les lois, les décrets,etc., soient connus et compris par tous, ils sont traduits dans toutes les langues parlées en France.  Le gouvernement français entame alors une politique hostile aux langues régionales.

Au 19ème siècle un mouvement s’établit pour le renouveau de la langue bretonne. Le Gonidec (1775-1838), avec notamment la « Grammaire celto-bretonne » et le « Dictionnaire Celto-Breton », et de La Villemarqué (1815-1895) avec son recueil de chansons populaires le « Barzaz-Breiz » en sont deux exemples. La tendance de l’époque est la purification de la langue bretonne, c'est-à-dire la suppression de tout mot français et la réutilisation du mot ancien ou leur remplacement par des néologismes si besoin est.

La fin du siècle est marquée par les lois de Jules Ferry rendant l’école laïque, gratuite et obligatoire (1880-1883) et imposant le français comme langue d’enseignement. En 1902, Combes interdit aux prêtres d’utiliser le breton pour enseigner le catéchisme et dire la messe. Ceux qui persistent à l’utiliser se voient supprimer l’indemnité Concordataire.

 

 

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