1987-2007...
Le 16 Octobre 1987, un ouragan s’abattait sur la Bretagne,
provoquant d’innombrables dégâts. Et le week-end suivant le tout jeune
comité Plogoneg-Llandysul recevait la première
délégation galloise… Ce coup de tabac compliqua beaucoup les
préparatifs : téléphone et électricité coupés, arbres arrachés,
bâtiments et toitures endommagés, chacun avait fort à faire ! Quelques
familles d’accueil durent se désister, et ce fut le branle-bas de combat
pour trouver des « remplaçants », surtout sans téléphone. Les trente
Gallois arrivèrent sous le soleil, ouf. Lors de la première
promenade-découverte de la commune, ils furent mis à contribution pour
dégager un gros arbre tombé en travers de la route menant au sommet de
« notre » montagne : une première aventure en commun qui créa tout de
suite des liens !
Parmi les cinquante amis venus nous voir
en cette fin Août 2007, une douzaine
faisait partie de la première délégation. Pendant vingt ans des
centaines de personnes ont participé aux échanges, de façon ponctuelle,
ou beaucoup plus suivie. Quelques-uns aussi sont partis vers Tir Na Nog,
le paradis des Celtes… Les liens se sont renforcés entre les deux
communautés qui ont appris à se connaître, et entre autres à connaître
leur histoire et leurs traditions mutuelles. Ce jumelage a également
consolidé les liens entre les générations, y compris au sein des deux
communes. Mais il reste encore beaucoup à découvrir, de nos
ressemblances et de nos différences ! Il n’était pas superflu, lors de
cet échange 2007, de faire un peu le point. C’est donc tout
naturellement que le thème de la rencontre
s’est imposé : « Tradition et transmission du
savoir », avec un programme qui, il faut le souligner, a reçu une
aide
substantielle de l’Europe, cette Europe des
peuples que les jumelages contribuent à renforcer.
LE PROGRAMME
VENDREDI 24
Le car est arrivé à la salle
socio-culturelle, parée pour l’occasion de la banderole « Croeso I
Blogoneg » (Bienvenue à Plogonnec). Retrouvailles des familles qui
se connaissent déjà (certaines depuis 20 ans !), et présentations pour
les nouveaux participants. Soirée en famille.
SAMEDI 25
La cérémonie officielle a rassemblé tout le monde, soit une
centaine de personnes, en fin de matinée. Discours des présidentes,
Moelwen Gwyndaf et
Katell Pennaneac’h. Présentation du thème de la rencontre, et
cadeau. Pour célébrer le 20ème anniversaire de la première
délégation, les Gallois ont offert aux Plogonnistes une véritable œuvre
d’art : le texte du Bro
Gozh, calligraphié et enluminé par Ieuan
Rees.
.

Une collation de bienvenue clôturait la cérémonie.
L’après-midi les Gallois et quelques familles d’accueil ont
visité (ou re-visité) Quimper, et fait un peu de shopping, car c’est
aussi la tradition de rapporter des petits souvenirs à la maison !
Et le soir ce fut le traditionnel
Fest-Noz-Crêpes à la ferme de Lopéau, où une bonne vingtaine de
biligs ont tourné à plein régime jusqu’à fort tard pour rassasier
environ 800 personnes. Et lors du Fest-Noz, animé par le groupe DEUS’TA,
les sonneurs
CHAPALAIN - AN HABASK et les chanteurs
TALLEC - CAPITAINE, les Gallois n’étaient pas les derniers à danser.

DIMANCHE 26
En harmonie avec le thème, beaucoup ont choisi d’emmener leurs
hôtes au Pardon de Sainte Anne La Palud.
Les Pardons font partie du patrimoine culturel de la Bretagne. Ils
constituent l'exemple type de la longévité d'une tradition festive
séculaire. Leur grande particularité est d'imbriquer étroitement les
pratiques cultuelles, liturgiques (messes, vêpres, processions,
cantique local) et les
pratiques festives profanes (repas, danses,
luttes et autres "jeux de pardon" tels que lever de perche, tir à la
corde, bazh-yod). Cette longévité d'une pratique festive ne signifie pas
la simple reconduction de rites figés. Les Pardons restent le creuset de
l'adaptation constante des actes rituels anciens au monde contemporain
(tel ce "Pardon des motards" apparu en 1979 !). Le Pardon de Sainte Anne
La Palud est l'un de ces grands Pardons séculaires dont la renommée
s'étend fort loin. C'est toujours avec beaucoup d'émotion que nos amis
gallois se fondent dans la ferveur populaire qui le caractérise.
Certains ont souhaité revoir la Pointe
du Raz après la réhabilitation récente du site, avec un petit
détour par la
Pointe du Van et sa jolie chapelle.
Quelques-uns ont fait d’autres choix, on ne nous dit pas tout !
LUNDI 27
« La vie en milieu rural autrefois
et transmission d’un savoir » : le Comité avait choisi pour
l’illustration de ce thème deux musées « vivants », aux portes de la
Presqu’île de Crozon.
Le musée de l’école rurale en Bretagne,
à Trégarvan :
Plus de cent enfants fréquentaient cette
école vers 1910, à sa création, et cinq seulement en 1974, lorsqu’elle
fut fermée. Evolution de la société et désertion du milieu rural, en
quelques dizaines d’années seulement… En 1977, une petite équipe de
bénévoles sauva la bâtisse et la transforma au fil des ans en musée
dynamique et attractif.
Deux groupes
mélangeant Gallois et Bretons ont été constitués pour cette
visite du lundi matin, le premier groupe visitant l’exposition
permanente, tandis que l’autre prenait place sur les bancs de la
salle de classe (et inversement), pour écouter attentivement un exposé
sur l’histoire de
l’école. Très vite fut abordé le thème du
traitement infligé aux écoliers parlant breton dans l’enceinte de
l’école, comme le port du symbole par
exemple, très souvent un sabot que l’on accrochait au cou de l’enfant
surpris à parler sa langue maternelle.
Moelwen Gwyndaf et
Philip Ainsworth
apportèrent alors le témoignage de cette même forme de répression à
l’encontre de la langue galloise. Ce fut une
découverte pour beaucoup d’entre nous, car la vivacité actuelle
du gallois et son statut officiel avaient réussi à occulter quelque peu
cette période difficile, commune finalement aux deux pays.
Beaucoup d’échanges donc, durant ces deux cours pas du tout
magistraux, des questions de la part des plus jeunes, des anecdotes … Il
n’est resté que peu de temps ensuite pour s’essayer à « faire des
lignes » à la plume, avec pleins et déliés,
et à l’encre violette !

Au son de la cloche, tout le monde
« enlève son sarrau noir, chausse les sabots de bois, et hop dehors pour
la récré » : c’est l’heure du pique-nique !
Cette visite a été suivie par
Solenn, de
Radio-Kerne, qui en a fait un reportage en
breton, mêlant explications et interviews
(www.radiokerne.antourtan.org/fra/endirect-archives.asp)
Donc le pique-nique…
du côté du Cap de La Chèvre. Le
Comité de Jumelage de
Crozon
(avec Sligo, en Irlande), qui s’était chargé de trouver la salle,
a offert l’apéritif à tout ce petit monde. Grand beau temps sur la
Presqu’île : les tables ont été installées dehors et le soleil a
traîtreusement rougi quelques épaules. Beaucoup de bonne humeur, de
chants pour remercier les amis de Crozon, du melon, du raisin à
profusion, l’excellent gwastell vraz (gâteau breton) d’Adèle
partagé en petits morceaux (comme au Pardon !), et une
brève échappée au Cap de la Chèvre, avant « d’attaquer » le
second musée.

Le musée des Vieux Métiers Vivants, à
Argol.
C’est un musée interactif.
Une quinzaine d’ateliers présentent les métiers
et activités de la vie quotidienne autrefois : cordier,
fileuse de lin et de laine, sabotier, vannier, forgeron, etc. A chaque
atelier, un bénévole de l’association « Micherioù Kozh ar Vro » montre
les gestes usuels, explique l’utilité de chaque outil et propose aux
visiteurs de s’essayer par eux-mêmes à manier l’osier, la quenouille,
voire à fabriquer un sifflet en bois. Visite non guidée : Gallois et
Bretons ont pu échanger à leur gré avec les anciens, et entre eux bien
sûr, avant d’aller ensemble au parc de jeux
traditionnels bretons, de l’autre côté de
l’église, et de s’y affronter très amicalement au boul-ten, palet,
pil-koat,etc.
Durant cette journée, les participants
ont beaucoup appris et ont de plus retrouvé l’esprit de l’Eisteddfod
vécu à Llandysul en avril 2006 (voir voyage adultes 2006). Bref, il y
avait matière à animer la conversation lors des « soirées en famille »
de ce lundi 27 Août !
Pour la petite histoire, deux
Québécois, hôtes de l’une des familles
participant au jumelage, ont pris part à l’échange, et particulièrement
apprécié cette journée : il faut dire qu’Elina est d’origine galloise et
que Gérard a ainsi découvert avec stupéfaction, en plus de la culture
bretonne, des pans entiers de celle du pays de son épouse !
MARDI 28 :
déjà le départ, les échanges d’adresses e-mail, de photos via le
numérique (tradition et modernité !), les promesses de se revoir en
2008 !
HWYL – KENAVO !