Du 24 au 28 Août 2007 :

accueil des Gallois 

 

 1987-2007...

Le 16 Octobre 1987, un ouragan s’abattait sur la Bretagne, provoquant d’innombrables dégâts. Et le week-end suivant le tout jeune comité Plogoneg-Llandysul recevait la première délégation galloise… Ce coup de tabac compliqua beaucoup les préparatifs : téléphone et électricité coupés, arbres arrachés, bâtiments et toitures endommagés, chacun avait fort à faire ! Quelques familles d’accueil durent se désister, et ce fut le branle-bas de combat pour trouver des « remplaçants », surtout sans téléphone. Les trente Gallois arrivèrent sous le soleil, ouf. Lors de la première promenade-découverte de la commune, ils furent mis à contribution pour dégager un gros arbre tombé en travers de la route menant au sommet de « notre » montagne : une première aventure en commun qui créa tout de suite des liens !

Parmi les cinquante amis venus nous voir en cette fin Août 2007, une douzaine faisait partie de la première délégation. Pendant vingt ans des centaines de personnes ont participé aux échanges, de façon ponctuelle, ou beaucoup plus suivie. Quelques-uns aussi sont partis vers Tir Na Nog, le paradis des Celtes…  Les liens se sont renforcés entre les deux communautés qui ont appris à se connaître, et entre autres à connaître leur histoire et leurs traditions mutuelles. Ce jumelage a également consolidé les liens entre les générations, y compris au sein des deux communes. Mais il reste encore beaucoup à découvrir, de nos ressemblances et de nos différences ! Il n’était pas superflu, lors de cet échange 2007, de faire un peu le point. C’est donc tout naturellement que le thème de la rencontre s’est imposé : « Tradition et transmission du savoir », avec un programme qui, il faut le souligner, a reçu une aide substantielle de l’Europe, cette Europe des peuples que les jumelages contribuent à renforcer.

LE PROGRAMME

VENDREDI 24   Le car est arrivé à la salle socio-culturelle, parée pour l’occasion de la banderole « Croeso I Blogoneg » (Bienvenue à Plogonnec). Retrouvailles  des familles qui se connaissent déjà (certaines depuis 20 ans !), et présentations pour les nouveaux participants. Soirée en famille.

 

SAMEDI 25

La cérémonie officielle a rassemblé tout le monde, soit une centaine de personnes, en fin de matinée. Discours des présidentes, Moelwen Gwyndaf et Katell Pennaneac’h. Présentation du thème de la rencontre, et cadeau. Pour célébrer le 20ème anniversaire de la première délégation, les Gallois ont offert aux Plogonnistes une véritable œuvre d’art : le texte du Bro Gozh, calligraphié et enluminé par Ieuan Rees.   

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Une collation de bienvenue clôturait la cérémonie.  

L’après-midi les Gallois et quelques familles d’accueil ont visité (ou re-visité) Quimper, et fait un peu de shopping, car c’est aussi la tradition de rapporter des petits souvenirs à la maison !

Et le soir ce fut le traditionnel Fest-Noz-Crêpes à la ferme de Lopéau, où une bonne vingtaine de biligs ont tourné à plein régime jusqu’à fort tard pour rassasier environ 800 personnes. Et lors du Fest-Noz, animé par le groupe DEUS’TA, les sonneurs CHAPALAIN - AN HABASK et les chanteurs TALLEC - CAPITAINE, les Gallois n’étaient pas les derniers à danser.

 

                     

                   

 

DIMANCHE 26 

En harmonie avec le thème, beaucoup ont choisi d’emmener leurs hôtes au Pardon de Sainte Anne La Palud. Les Pardons font partie du patrimoine culturel de la Bretagne. Ils constituent l'exemple type de la longévité d'une tradition festive séculaire. Leur grande particularité est d'imbriquer étroitement les pratiques cultuelles, liturgiques (messes, vêpres, processions, cantique local) et les pratiques festives profanes (repas, danses, luttes et autres "jeux de pardon" tels que lever de perche, tir à la corde, bazh-yod). Cette longévité d'une pratique festive ne signifie pas la simple reconduction de rites figés. Les Pardons restent le creuset de l'adaptation constante des actes rituels anciens au monde contemporain (tel ce "Pardon des motards" apparu en 1979 !). Le Pardon de Sainte Anne La Palud est l'un de ces grands Pardons séculaires dont la renommée s'étend fort loin. C'est toujours avec beaucoup d'émotion que nos amis gallois se fondent dans la ferveur populaire qui le caractérise.

Certains ont souhaité revoir la Pointe du Raz après la réhabilitation récente du site, avec un petit détour par la Pointe du Van et sa jolie chapelle. Quelques-uns ont fait d’autres choix, on ne nous dit pas tout !

 

           

 

LUNDI 27  

  « La vie en milieu rural autrefois et transmission d’un savoir » : le Comité avait choisi pour l’illustration de ce thème deux musées « vivants », aux portes de la Presqu’île de Crozon.

Le musée de l’école rurale en Bretagne,  à Trégarvan :

Plus de cent enfants fréquentaient cette école vers 1910, à sa création, et cinq seulement en 1974, lorsqu’elle fut fermée. Evolution de la société et désertion du milieu rural, en quelques dizaines d’années seulement… En 1977, une petite équipe de bénévoles sauva la bâtisse et la transforma au fil des ans en musée dynamique et attractif.

Deux groupes mélangeant Gallois et Bretons ont été constitués pour cette visite du lundi matin, le premier groupe visitant l’exposition permanente, tandis que l’autre prenait place sur les bancs de la salle de classe (et inversement), pour écouter attentivement un exposé sur l’histoire de l’école. Très vite fut abordé le thème du traitement infligé aux écoliers parlant breton dans l’enceinte de l’école, comme le port du symbole par exemple, très souvent un sabot que l’on accrochait au cou de l’enfant surpris à parler sa langue maternelle.   Moelwen Gwyndaf et Philip Ainsworth apportèrent alors le témoignage de cette même forme de répression à l’encontre de la langue galloise. Ce fut une découverte pour beaucoup d’entre nous, car la vivacité actuelle du gallois et son statut officiel avaient réussi à occulter quelque peu cette période difficile, commune finalement aux deux pays. Beaucoup d’échanges donc, durant ces deux cours pas du tout magistraux, des questions de la part des plus jeunes, des anecdotes … Il n’est resté que peu de temps ensuite pour s’essayer à « faire des lignes » à la plume, avec pleins et déliés, et à l’encre violette !

 

                        

                         

 

Au son de la cloche, tout le monde « enlève son sarrau noir, chausse les sabots de bois, et hop dehors pour la récré » :  c’est  l’heure du pique-nique !

Cette visite a été suivie par Solenn, de Radio-Kerne, qui en a fait un reportage en breton, mêlant explications et interviews (www.radiokerne.antourtan.org/fra/endirect-archives.asp)

Donc le pique-nique… du côté du Cap de La Chèvre. Le Comité de Jumelage de Crozon (avec Sligo, en Irlande), qui s’était chargé de trouver la salle, a offert l’apéritif à tout ce petit monde. Grand beau temps sur la Presqu’île : les tables ont été installées dehors et le soleil a traîtreusement rougi quelques épaules. Beaucoup de bonne humeur, de chants pour remercier les amis de Crozon, du melon, du raisin à profusion,  l’excellent gwastell vraz (gâteau breton) d’Adèle partagé en petits morceaux (comme au Pardon !), et une brève échappée au Cap de la Chèvre, avant « d’attaquer » le second musée.

 

                          

Le musée des Vieux Métiers Vivants, à Argol.

C’est un  musée interactif. Une quinzaine d’ateliers présentent les métiers et activités de la vie quotidienne autrefois : cordier, fileuse de lin et de laine, sabotier, vannier, forgeron, etc. A chaque atelier, un bénévole de l’association « Micherioù Kozh ar Vro » montre les gestes usuels, explique l’utilité de chaque outil et propose aux visiteurs de s’essayer par eux-mêmes à manier l’osier, la quenouille, voire à fabriquer un sifflet en bois. Visite non guidée : Gallois et Bretons ont pu échanger à leur gré avec les anciens, et entre eux bien sûr, avant d’aller ensemble au parc de jeux traditionnels bretons, de l’autre côté de l’église, et de s’y affronter très amicalement au boul-ten, palet, pil-koat,etc.

             

         

      

 

Durant cette journée, les participants ont beaucoup appris et ont de plus retrouvé l’esprit  de l’Eisteddfod vécu à Llandysul en avril 2006  (voir voyage adultes 2006). Bref, il y avait matière à animer la conversation lors des « soirées en famille » de ce lundi 27 Août !

Pour la petite histoire, deux Québécois, hôtes de l’une des familles participant au jumelage, ont pris part à l’échange, et particulièrement apprécié cette journée : il faut dire qu’Elina est d’origine galloise et que Gérard a ainsi découvert avec stupéfaction, en plus de la culture bretonne, des pans entiers de celle du pays de son épouse ! 

MARDI 28 : déjà le départ, les échanges d’adresses e-mail, de photos via le numérique (tradition et modernité !), les promesses de se revoir en 2008 !

HWYL – KENAVO !

 

 

 

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