|
Un lundi de Pentecôte (férié !) suivant
immédiatement le Pont de l’Ascension : une belle occasion à ne pas manquer
pour le voyage bisannuel au Pays de Galles. Et encore, nous aurions été
heureux d’embarquer le mercredi soir pour une traversée de nuit (Allo,
Brittany ferries, vous ne feriez pas un petit effort, enfin, pour les
comités de jumelage bretons ?). Bref, faute de ferry le mercredi soir, c’est
le jeudi matin 8 mai que 65 Plogonnistes ont quitté la commune sous la pluie
battante, pour être à Plymouth vers 22h et passer une première nuit à
Cardiff, comme en 2006. Mais cette fois-ci, le programme concocté par les
amis gallois démarrait concrètement dès le vendredi matin à Cardiff.
LE PROGRAMME :
VENDREDI
9
Huw Bevan Jones et Wat Bundock se sont
déplacés de Llandysul pour nous accueillir, au nom du comité de jumelage, et
nous conduire à l’Assemblée, sur les bords de la Baie de Cardiff.
L’Assemblée :
Le bâtiment est de style moderne, alliant le
verre, l’ardoise et le bois. Le concepteur en est l’architecte Richard
Rogers. Après le mot d’accueil sur les "marches du palais" et le passage au
contrôle de sécurité, notre guide nous a présenté la « maison » : ses
principales caractéristiques comme le chauffage par
géothermie ou
l’excellente acoustique, le
hall d’accueil (avec
large vue sur la baie !), la belle structure
centrale en forme de champignon géant, habillée de bois, qui
constitue un puits de lumière pour la Chambre, la
galerie spacieuse et vitrée permettant
au public de suivre en direct les travaux des députés ; c’est là que nous
avons été conviés à nous asseoir pour une
mini-conférence sur la composition, le rôle et le fonctionnement de
l’Assemblée ; en face de chaque siège un écran
qui permet à chacun d’obtenir la traduction
simultanée gallois-anglais car les débats sont entièrement bilingues.
Les Plogonnistes se sont montrés fort intéressés car ils ont posé beaucoup
de questions !
Pour remercier nos hôtes nous avons chanté
le Bro Gozh ; ils l’ont repris après un petit moment de surprise, car si les
Bretons savent maintenant que l’hymne est commun aux deux peuples (tournoi
des 6 nations oblige !), cela reste souvent une découverte pour les
Gallois !
L’Auditorium :
petit temps libre ensuite. Ce n’était pas prévu au programme mais beaucoup
en ont profité pour jeter un coup d’œil au grand hall de l’auditorium tout
proche : belle architecture également !
Et les belles limousines…

Avec tout çà, à peine a-t-on eu le temps de
boire un thé et de manger un scone, car notre rendez-vous au Millennium
Stadium était prévu à 13 heures précises. Rendez-vous obtenu en dernière
minute par Wenna pour répondre au souhait manifesté par les participants au
voyage lors de la réunion de préparation… (diolch Wenna ! Ce fut réellement
une visite intéressante).
Le Millennium Stadium
:
C’est surtout le TEMPLE du RUGBY, un peu
celui du football et autres sports, et aussi un lieu grandiose pour les
concerts et spectacles.
Visite en deux groupes.
Les guides sont des professionnels, sachant alterner explications et
anecdotes. On entre par les vestiaires,
spacieux mais plutôt spartiates, sol en ciment peint, cloisons en
briques-ciment brut agrémentées quand même de quelques décorations, comme
cette mystérieuse scène peinte à même les agglos, censée conjurer
un mauvais sort qui, pendant une longue période, n’apporta que défaites au
XV gallois ; miracle, ils renouèrent avec le succès ! La suite n’est pas
moins enchanteresse : c’est par l’entrée
officielle des joueurs, et sous
les ovations de la foule…, que l’on surgit aux abords de la pelouse
mythique ! Mais trêve de rêve : le stade est vide, on réalise que les
ovations proviennent d’une bande enregistrée (les seules vraies
acclamations sont celles du deuxième groupe, là-haut, à quelques
encablures !), on grimpe sur les gradins
du peuple pour écouter les explications du guide sur les caractéristiques et
le fonctionnement du stade : capacité (75000 places), pelouse amovible,
couverture intégrale rétractable, etc. Pour finir, retour au rêve…, on
monte jusqu’à l’étage des loges ou
V.I.P. et clubs sélects peuvent jouir du spectacle dans « l’intimité » de
tribunes privées ; on est autorisé à s’assoir sur le siège de la Reine et à
tenir la coupe (pour la photo !). A la sortie, passage possible par la
boutique, où se décline sous toutes ses
formes le culte rugbystique.
Enfin, on mange !
14 h 30 : les estomacs criaient famine et
la volée de moineaux s’est abattue sur les petits restos du centre animé de
Cardiff (le comité avait fourni un plan à chaque « moineau » en cas
d’égarement !). Quelques-uns se sont aventurés jusqu’au château.

16 h :
en route pour Llandysul, par la M4,
fort encombrée un vendredi soir (accident et bouchons !) ; c’est avec une
bonne heure de retard que nous sommes arrivés… Pas de souci cependant, grâce
au téléphone portable, nos hôtes ont été tenus au courant de notre
progression sur la « motorway ».
Retrouvailles et soirée en
famille.
SAMEDI 10
Gwinllan Ffynnon Las : une
jolie petite vigne.
Au p’tit blanc dès le matin 10 h, non, ce
n’est pas sérieux ! Que l’on se rassure, avant la dégustation, les
Plogonnistes et une dizaine de gallois ont mouillé leurs pieds dans la rosée
pour aller admirer les rangs impeccables de ceps accrochés au terrain en
pente, dans la vallée de l’Aeron. C’est avec un plaisir évident que le
propriétaire a présenté son « domaine » qui produit 3000 bouteilles par an,
sans traitement ni engrais chimiques (le vin est pressé et conditionné à
Ledbury). Au retour de cette petite marche, dégustation sympathique de trois
sortes de vin blanc : sec, moelleux et medium, accompagnés de fromage
gallois.

Shopping à Aberaeron :
une
heure de shopping dans ce charmant port que les « anciens » du jumelage
commencent à connaître (en particulier l’échoppe qui vend des glaces,
n’est-ce pas les lichous ?).


Domaine de Llanerchaeron
Ferme-témoin de la vie en autosuffisance
d’un domaine aristocratique gallois au XVIIIème siècle. On peut y découvrir
comment vivaient la petite noblesse et son personnel il y a 200 ans.
Parallèlement à l’aspect « musée », le domaine (270 hectares) continue à
être exploité en agriculture biologique avec
l’aide de nombreuses équipes de bénévoles.
L’activité principale est l’élevage de moutons de
Llanwennog et de vaches galloises noires.
Un grand jardin potager et un
verger entourés de murs produisent légumes,
fleurs et fruits, qui sont vendus localement, en particulier dans la
boutique du magasin d’accueil, ou bien utilisés sur place en restauration,
au « coffee shop ». C’est là que nous avons déjeuné (cawl & caws), avant la
rencontre avec Elin Jones, représentante du
Comté de Ceredigion à l’Assemblée galloise et actuellement Ministre de
l’agriculture de cette même assemblée ; elle a consacré une heure de son
programme très chargé pour nous parler de l’agriculture au Pays de Galles et
répondre avec beaucoup de simplicité à nos questions.
Après cette rencontre,
visite guidée du domaine, par petits groupes, sous le soleil : les
jardins,
serres, ateliers, dépendances,
et la maison géorgienne
du XVIIIème siècle. Il restait ensuite une bonne demi-heure pour se promener
chacun à son gré dans le domaine ; certains ont poussé jusqu’à la petite
église de Llanerchaeron, dédiée à Sainte Non
(ou Nonn). A l’heure du départ, miracle, personne ne s’était perdu !

Soirée au Tysul Hall :
cérémonie d’accueil, buffet et spectacle avec Jac Y Do.
Les « officiels », William Bevan Jones et
Jean-Yves Kervarec (présidents des comités de jumelage), Christian Kéribin
(maire de Plogonnec), et Andrew Howells (président du Conseil de
District), ont rappelé la signature de la
charte
en Juillet 1988 à Llandysul et le chemin
parcouru en 20 ans ; les cadeaux aussi étaient évocateurs du temps qui passe
et des liens qui se tissent : un cadran
solaire gravé sur ardoise par R.Laffaille (Locronan), de la part du
Comité de Jumelage, et un magnifique couple de
danseurs "HB Henriot", de la part de la Municipalité. Ils ont ensuite
allumé les bougies du gâteau d’anniversaire,
aidés (ô combien !) par les anciens présidents et présidentes présents
à cette rencontre, bougies soufflées jovialement par William et Jean-Yves…
Puis, place au
buffet préparé par nos hôtes, au
spectacle, au
chant, et à la danse !

DIMANCHE 11
Essentiellement en
famille.
A 9 h 30, grand évènement : pour la première
fois une émission
conjointe
de Radio-Ceredigion et Radio-Kerne,
préparée à l’avance, passait sur les ondes de Radio-Ceredigion, en gallois
et breton (avec un programme musical quadrilingue). Expérience qui sera
renouvelée, on le souhaite vivement !
Ensuite, des
randonnées en petits groupes ont
été organisées sur la côte, du côté de Llangranog, donnant ainsi l’occasion
d’approcher un exemple du « Tir Gofal », vaste
programme de soin et préservation des espaces agricoles, subventionné aux
deux tiers par l’Assemblée galloise et un tiers par l’Europe.
Dans l’après-midi quelques-uns ont visité
des exploitations agricoles. En soirée,
d’autres ont découvert un aspect de la pratique cultuelle galloise à
l’« Horeb Chapel », où avait lieu un « Welsh
Gymanfa Ganu », rassemblement de plusieurs chapelles pour
chanter ensemble des hymnes et cantiques.

A 16 h, le petit car, avec 17 personnes, a
quitté Llandysul. Dur, dur, de partir avant les autres !
LUNDI 12
BIG PIT,
un autre visage du Pays de Galles : les vallées minières.
Une fois n’est pas coutume, ce lundi de
Pentecôte, nous avons fui la M4 et pris les petites routes à travers les
Brecon Mountains pour nous rendre à la
mine de Big Pit, en
Blaenavon, au nord de Cardiff. Cette mine
a fermé en 1980 et a été transformée en musée à partir de 1983. Le Comité de
Plogonnec avait organisé cette visite, ainsi que le repas de midi,
directement avec le personnel du Musée.
Le
« Underground Tour »
Ouf, nous sommes arrivés juste
à l’heure, à 11 h 30, pour prendre place dans la « salle d’attente», avant
la descente dans les galeries de la mine.
Par groupes de 10, équipés d’un casque,
lampe frontale et batterie, accompagnés de guides bénévoles -des anciens
mineurs en fait-, nous sommes descendus dans le puits, à 90 mètres
sous terre : descente par l’ ascenseur des mineurs et plongée dans
l’atmosphère d’un monde inconnu, un lieu chargé d’émotion à la pensée du
travail humain –et animal- exercé durant près de deux siècles dans les
entrailles de la terre pour apporter lumière et confort à la surface…
On chemine le long des galeries et, lors de quelques arrêts, les
guides racontent l’évolution de la mine : les modes d’extraction et de
transport du charbon, la consolidation des galeries, la ventilation par un
système de portes (c’était le travail des enfants de 5 à 11 ans -14 heures
par jour parfois!- jusqu’en 1860), les risques et dangers d’explosion,
d’inondation, les systèmes de détection des gaz (depuis le canari qui
s'asphyxiait en présence du monoxyde de carbone jusqu’à la lampe dont la
flamme "s'auréolait" selon la teneur de l'air en grisou), le travail des
chevaux qui, une fois descendus, ne remontaient jamais, la lutte contre les
rats. Puis les différentes phases de la mécanisation, l’amélioration de
l’éclairage...
Repas de midi « à la
cantine », qui fut celle des mineurs,
transformée de temps en temps en salle de meeting, lors des grèves. Le
bâtiment surplombe le site et la vallée.
Visite libre du site
ensuite : les vestiaires-douches, la « machine-treuil » modernisée (à
l'intérieur du chevalement de la mine) qui actionne les ascenseurs, la
salle des lampes, le circuit des wagonnets, la scierie, la forge, le
bâtiment qui abrite la commande de ventilation des galeries, le magasin
d’explosifs, le balancier hydraulique (spécimen importé d’une autre mine),
l’infirmerie, le musée lui-même (5000 objets en présentoirs) et la boutique
de souvenirs, pour les derniers petits achats avant de quitter le Pays de
Galles !


Départ à 16 h en direction
de Plymouth. Circulation fluide et
retour très calme.
Halte à Barbican,
le vieux port de Plymouth, avant d’embarquer à nouveau sur le Pont L’Abbé,
pour une traversée de nuit. Retour à Plogonnec le mardi vers 10 h.
Rendez-vous en 2010 !
|